La vidange des plans d'eau

Mis à jour le 29/09/2021

La vidange est une opération essentielle pour le bon fonctionnement d'un plan d'eau. Conseillée environ tous les 5 ans en vue d'une gestion efficace, elle permet le contrôle des populations piscicoles, l'élimination des espèces indésirables et le curage des sédiments qui se sont accumulés avec les années.

Une opération nécessaire...

La vidange est une opération essentielle pour le bon fonctionnement d'un plan d'eau. Conseillée environ tous les 5 ans en vue d'une gestion efficace, elle permet le contrôle des populations piscicoles, l'élimination des espèces indésirables et le curage des sédiments qui se sont accumulés avec les années. C'est aussi le moment de procéder à des réparations sur les digues et les différents organes hydrauliques.

... à surveiller très attentivement

La vidange met momentanément en communication deux milieux aquatiques différents : le cours d'eau (rivière, ruisseau...), caractérisé par une eau courante aux amplitudes thermiques limitées, et le plan d'eau, masse d'eau stagnante chargée en sédiments, avec des températures pouvant être élevées en été. Les populations piscicoles de ces deux milieux sont également différentes.

Aussi, la vidange doit être opérée avec la plus grande précaution. Il s'agit principalement, pour le cours d'eau aval, d'éviter les désordres suivants :

le déversement d'espèces indésirables pouvant créer un déséquilibre biologique (poissons chats, perches-soleil...) ;
une augmentation de température menaçant la survie des espèces sensibles ;
le colmatage du lit de la rivière suite au départ d'une partie des sédiments de l'étang. L'écosystème aval peut être profondément et durablement marqué par ce phénomène.

Le contrôle de ces risques est d'autant plus essentiel en Côte d'Or que le département est situé immédiatement en tête des grands bassins Seine-Normandie et Loire-Bretagne. Il est également en amont du bassin Rhône-Méditerranée qui le traverse sur toute sa partie Est.

Cette position originale se traduit par la présence de nombreux petits cours d'eau qui présentent souvent un intérêt écologique et patrimonial. Les débits observés y sont parfois très faibles. L'impact d'une vidange sur ces milieux fragiles peut donc être dévastateur.

Des solutions techniques simples pour limiter les impacts des vidanges

Toutes les opérations de vidanges, quelle que soit la taille du plan d'eau, doivent prévoir des mesures visant à réduire leur impact sur le cours d'eau à l'aval :

un temps de vidange suffisamment long avec des débits sortants acceptables au regard de l'écoulement dans le cours d'eau. L'impact thermique et les sédiments remis en suspension seront ainsi limités. Il ne faut pas, non plus, porter préjudice aux propriétés et ouvrages publics situés à l'aval ;

la mise en place de filtres, efficaces et correctement dimensionnés, en sortie du plan d'eau, constituant des bassins de décantation. Ces aménagements représentent des zones de ralentissement piégeant les sédiments et pouvant empêcher la dévalaison du poisson.
Plusieurs dispositifs existent, pouvant être complémentaires les uns des autres : filtres à paille, batardeaux, lits filtrants (type paniers métalliques) remplis de matériaux neutres à granulométrie variée (de 5 à 12 cm conseillé)...
La mise en place de 2 voire 3 bassins successifs renforce l'efficacité recherchée.

L'existence d'un fossé, aussi long soit-il, entre le plan d'eau et le cours d'eau, ne dispense aucunement de ces mesures.

Autres rappels réglementaires

la vidange d'un plan d'eau s'écoulant, directement ou indirectement, dans un cours d'eau de première catégorie est interdite pendant la période allant du 1er décembre au 31 mars ;

le remplissage du plan d'eau à partir des eaux d'un cours d'eau doit avoir lieu en dehors de la période allant du 15 juin au 30 septembre. Il ne se fera jamais au détriment de l'écoulement du cours d'eau où un débit réservé sera toujours maintenu ;

durant la vidange, les eaux rejetées dans le cours d'eau doivent respecter les valeurs suivantes :
* ≤ 1 g/l pour les matières en suspension (MES)
* ≤ 2 mg/l pour l'ammonium (NH4)
* ≥ 3 mg/l pour l'oxygène dissous

Par ailleurs les eaux restituées ne doivent nuire ni à la vie du poisson, ni à sa reproduction, ni à sa valeur alimentaire ;

les poissons présents dans le plan d'eau devront être récupérés et ceux appartenant aux espèces dont l'introduction est interdite seront éliminés ;

la destination des matières de curage doit être précisée dans la déclaration et ne devra pas concerner une zone inondable. La composition des matières de curage doit être compatible avec la protection des sols et des eaux, notamment en ce qui concerne les métaux lourds et autres éléments toxiques qu'elles peuvent contenir.

d'autres restrictions peuvent éventuellement être imposées en période de sécheresse.

L'ensemble des prescriptions générales pour les opérations de vidanges est rappelé par l'arrêté ci-joint :

Télécharger arrete du 9 juin 2021 prescriptions techniques generales plans deau et vidange PDF - 0,37 Mb - 26/06/2023

Par ailleurs, il est rappelé que seuls les propriétaires de piscicultures et de plans d'eau dont le statut a été reconnu comme une « eau close » peuvent s'approprier et vendre le poisson issu de la pêche de l'étang.

Une opération aujourd'hui facilitée en Côte d'Or

pour rappel, les opérations de vidanges sont intégrées dans la demande de création / régularisation des plans d'eau et ne font pas l'objet d'une procédure à part. (voir rubriques création / régularisation de plans d'eau).

Pour rappel, toute opération réalisée illégalement se voit exposée à un risque de sanctions administratives et/ou pénales (articles L.216-1 et suivants du code de l'environnement) lors des différents contrôles effectués par les services en charge de la police de l'eau et de la pêche.

Contact DDT : Tél : 03.80.29.42.51


(1) Dans le cas des piscicultures, il est néanmoins demandé d'avertir les services chargés de la police de l'eau et de la pêche (coordonnées DDT ci-dessus) 15 jours avant l'abaissement du plan d'eau et de prendre toutes les mesures nécessaires pour limiter les impacts sur le cours d'eau récepteur.