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Les Climats du vignoble de Bourgogne inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité !

 

Le 4 juillet 2015, réuni à Bonn, le Comité du Patrimoine Mondial de l’UNESCO a inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité, les Climats du vignoble de Bourgogne.

Les climats (du grec klima, inclinaison, obliquité d’un point de la terre par rapport au soleil, puis, lieu soumis à cette exposition) sont des parcelles de terre, délimitées au centiare près, de superficie réduite, bénéficiant de conditions particulières, progressivement nommés depuis l’époque gallo-romaine à mesure que leur potentiel viticole a été révélé et hiérarchisé. Il existe une mosaïque de 1247 climats en Bourgogne. Leur renommée doit beaucoup aux moines de l’Abbaye de Cîteaux qui, depuis le XIème siècle, ont organisé le travail de la vigne pour la conduire vers l’excellence.

Le bien inscrit s’étend sur plus de 60 km de Dijon, au Nord-Est, à Saint-Sernin-du-Plain (71), au Sud-Ouest, et comprend 104 communes, dont 40 sont situées en zone centrale. Le patrimoine des Climats s’étend donc également à l’ensemble des sites urbains, monuments, voies de communication ou éléments structurants ayant participé à l’émergence, au maintien et à l’exploitation des 1 247 Climats. C’est la raison pour laquelle les villes de Dijon (dans son périmètre sauvegardé) et Beaune, qui ont progressivement impulsé cette dynamique d’organisation unique, propre à la Bourgogne, font partie intégrante du bien classé.

L’inscription représente l’aboutissement de 8 années de travail et la mobilisation de plus de 63 000 personnes. L’UNESCO, en prenant cette décision d’inscription, reconnaît aussi l’excellence de son dossier scientifique et la qualité des outils de protection mis en place par les acteurs du territoire.

Les services de l’État y ont pris une grande part…

Vignes de Côte-d'Or et Château du Clos Vougeot (21) - Copyright © Fotolia - Gilles Oster Réunis dans un comité de pilotage, sous la présidence de la sous-préfète de Beaune, la DDT, la DREAL, la DRAC, se sont mobilisées pour s’assurer que toutes les conditions soient réunies pour la protection du bien.

Ainsi, de très nombreuses réunions se sont tenues, avec tous les acteurs du territoire, viticulteurs, élus, chefs d’entreprises, pour mettre en œuvre les outils nécessaires : l’extension du site classé au-delà de Beaune, la création d’AVAP (aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine) dans lesquelles 9 communes se sont engagées, un plan de paysage du bassin carrier, qui rassemble 9 communes et les professionnels de la pierre, et l’interdiction de la publicité hors agglomération (plus de 300 panneaux illégaux ont été retirés le long des routes et dans les vignes).

Ces outils de protection ou de planification se coordonnent pour assurer une protection maximale du bien, c’est-à-dire que l’on ne peut construire, ou détruire, qu’après un avis des services de l’État, ou même, dans le site classé, qu’avec une autorisation ministérielle. Désormais, les meurgers, les murs, les cabottes, les chemins de vigne, bref tout ce qui fait l’authenticité de ce site, sont protégés.

Mais après cette belle victoire pour le territoire, le travail n’est pas terminé : d’ici le 1er décembre 2017, l’UNESCO demande à l’Etat un rapport sur la mise en œuvre de ses recommandations, c’est-à-dire la finalisation des procédures engagées, comme le plan de paysage ou les stratégies de gestion des déplacements et des flux touristiques.
Encore beaucoup d’investissement en prévision pour les services de l’État dans ce dossier emblématique, auquel ils sont tous particulièrement attachés !

 
 

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